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Soldeu, Andorre : finales de la coupe du monde de ski alpin FIS 2019

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Soldeu, Andorre : finales de la coupe du monde de ski alpin FIS 2019
« Le parcours du slalom géant est incroyable : la piste est très raide au sommet, plus régulière par la suite sans rien enlever au défi sportif, puis à nouveau très raide sur la fin. Il faudra avoir beaucoup de talent pour pouvoir remporter cette course. »
un petit pays passionné de ski
Les Pyrénées, chaîne de montagnes mystique couronnée de sommets alpins, marquent la frontière entre la France et l’Espagne. La minuscule principauté d’Andorre se niche au sein de cet écrin paradisiaque.

Du 11 au 17 mars 2019, les plus grandes stars du ski alpin s’affronteront sur les pistes de Grandvalira pour remporter les globes de cristal des finales de la Coupe du Monde de ski alpin FIS.
une compétition qui s’annonce rude
Organisées tous les ans, les finales de la Coupe du Monde sont l’un des événements les plus importants du calendrier de la saison de ski alpin. Tout comme les Championnats du Monde, qui ont lieu tous les deux ans, les finales comprennent toutes les disciplines. Mais seuls les 25 meilleurs skieurs et skieuses de chacune d’entre elles se qualifient pour la compétition.

Les finales seront l’un des événements sportifs les plus remarquables que la principauté ait jamais accueillis. Au cours des dix dernières années,
Andorre s’est préparée pour cet événement historique en accueillant de nombreuses compétitions européennes ainsi que deux étapes de précédents circuits de la Coupe du Monde féminine.
un rêve devenu réalité
La principauté étant située dans les montagnes, le ski y est très populaire. C’est Ensisa, une société de gestion de centres de villégiature, qui a eu l’idée de rejoindre le circuit de la Coupe du Monde pour attirer l’attention sur les pistes de Soldeu El Tarter, à Grandvalira.

« C’était un rêve », souligne Conrad Blanch, en charge de l’organisation.
« Mais les résultats d’une étude démontraient qu’Andorre avait le potentiel de devenir une destination prisée des skieurs. Notre pays est petit, certes, mais le ski est notre sport national. Les finales nous offrent une belle opportunité de présenter Andorre au reste du monde. »
plusieurs sites de course
La mythique piste d’Avet, dans le secteur de Soldeu, accueillera deux disciplines : le slalom et le slalom géant. Cette dernière épreuve, en particulier, s’annonce très exigeante et très technique en fin de parcours: les skieurs devront ménager leurs forces pour tenir jusqu’à la ligne d’arrivée.

La descente et le super-G auront lieu sur la piste Àliga dans le secteur d’El Tarter. La piste réservée à la descente n’a pas encore été testée sur le circuit de la Coupe du Monde. Les courses d’entraînement en début de semaine seront donc essentielles pour les athlètes : elles leur permettront de repérer le tracé précis de la course. La descente aura son lot de sauts et de virages à grande vitesse, comme la Curvone, bientôt légendaire, à la fin du tracé.

« Le parcours du slalom géant est incroyable : la piste est très raide au sommet, plus régulière par la suite sans rien enlever au défi sportif, puis à nouveau très raide sur la fin », précise Atle Skårdal, directeur des courses de la FIS. « Il faudra avoir beaucoup de talent pour pouvoir remporter cette course. »
Mikaela Shiffrin espère remporter son troisième titre général de la Coupe du Monde de ski alpin FIS lors des finales qui se tiendront en Andorre en mars.
La nuit sera propice aux célébrations à Soldeu et El Tarter durant les finales de la Coupe du Monde de ski alpin FIS en Andorre en mars.
Des sommets imposants et de larges pistes skiables au-dessus de la limite des arbres sont typiques du paysage alpin d’Andorre.
Les épreuves de vitesse à El Tarter seront testées pour la première fois en situation réelle lors des finales de la Coupe du Monde en mars prochain.
Le slalom et le slalom géant prennent leur départ sur un champ de neige dégagé pour serpenter ensuite vers le village de Soldeu en contrebas.
Les finales de la Coupe du Monde sont une belle occasion de découvrir les Pyrénées. De magnifiques montagnes, de la neige de qualité en hiver et des remontées mécaniques modernes.
spécialités culinaires andorranes
Comme on peut l’imaginer de par la situation géographique d’Andorre, la cuisine andorrane s’inspire des cuisines française et espagnole. Toutefois, Andorre possède aussi ses propres traditions culinaires. L’escudella, par exemple, est l’un de ses mets les plus savoureux. Poulet, veau, boulettes de viande et porc, le tout mélangé à des pommes de terre, du chou, des pois chiche et des pâtes : c’est un ragoût riche en ingrédients !

Andorre est certes dépourvue de côte maritime, mais ses montagnes sont sillonnées de cours d’eau regorgeant de truites. Essayez la «Trucha a la Andorrana», une truite grillée enveloppée dans du jambon de la région. La charcuterie et le saucisson, notamment l’embotits, garnissent souvent les tables andorranes.

Le Sport Hotel Hermitage, un établissement classé cinq étoiles, dispose de six restaurants aussi remarquables que variés tenus par deux chefs étoilés au Michelin, Nandu Jubany et Hideki Matsuhisa. Le restaurant Arrels propose de la cuisine locale, alors que le Koy Hermitage sert des plats japonais. Le Sol i Neu, étoilé au Michelin, sert des spécialités montagnardes et dispose d’une pizzeria.
Quant au restaurant La Cort de Popaire, il propose une cuisine traditionnelle andorrane dans une ancienne ferme en pierre rénovée. Situé dans la zone piétonne du centre de Soldeu, il dispose d’un grill à feu ouvert et sert des produits, carnés et autres, provenant d’une ferme de la région.

Pour l’après-ski, rien de tel que L’Abarset, à El Tarter, qui est aussi un bon endroit pour dîner. À Soldeu, allez faire un tour au Fat Albert’s – la soirée côtelettes vaut le détour –, un magnifique bâtiment en vieilles pierres situé au cœur du village. Le long de la rue principale, l’Aspen Bar et The Villager (à côté du terminus des télécabines) méritent aussi le coup d’œil.

Si vous voulez un moment de répit, prenez la voiture : l’une des principales attractions de la principauté se trouve à 30 minutes seulement. Le centre thermal de Caldea est original et innovant : les installations du village d’Escaldes-Engordany combinent bien-être, santé et divertissement. L’eau, riche en soufre et en autres minéraux, jaillit de la terre à une température de 70 °C.

Andorre est également réputée pour sa très large palette de magasins, à Soldeu comme dans le reste du pays.
On y trouve aussi bien des produits uniques en leur genre que des produits de marque.
la passion du ski
Il n’est pas rare qu’une station nouvellement promue au rang d’hôte d’un championnat majeur soit animée par une passion débordante. À Andorre, le ski fait partie du programme scolaire : les écoliers passent dix jours par an sur les pistes. La principauté dispose de cinq clubs de ski différents.

« Les finales de la Coupe du Monde sont une belle occasion de découvrir les Pyrénées », se réjouit Conrad Blanch.
« De magnifiques montagnes, de la neige de qualité en hiver et des remontées mécani-ques modernes : les visiteurs seront ravis ! Notre pays est petit, mais c’est une destination de choix. »

« C’est une petite nation », confirme Atle Skårdal, « mais les Andorrans sont très motivés. Tout le monde s’investit à fond dans le ski. Il règne ici un esprit de famille : chacun souhaite que ces finales soient un succès pour Andorre. »

La principauté se montrera sous son meilleur jour lors des finales de la Coupe du Monde FIS en mars prochain.
Interview avec niklas carlsson
Chaque année, la Coupe du Monde de ski alpin FIS sillonne la planète pendant six mois, suivant un itinéraire passant par de prestigieuses stations de montagne juchées au pied de sommets alpins recouverts de neige poudreuse immaculée. Le chef d’orchestre visionnaire de cette tournée est Niklas Carlsson, un quadragénaire suédois calme et réservé. Ce cadre est à la tête du comité de la Coupe du Monde de ski FIS depuis quatre ans. Il a initié la modernisation du « cirque blanc », qui entame cette année sa 52e saison. De nos jours, le circuit de la Coupe du Monde s’est hissé au rang des sports captant la plus large audience à la télévision et sur les appareils mobiles, avec des centaines de millions de spectateurs. En tant que président du comité, Niklas Carlsson atteste d’un profil exceptionnel : il a servi la FIS ainsi que l’équipe suédoise de ski en tant qu’athlète, mais a aussi travaillé dans les domaines du marketing et des affaires, et revêt à présent le costume de CEO des Championnats du Monde FIS 2019 à Åre, en Suède.
Vous êtes une personnalité unique, car vous avez assumé des rôles professionnels très variés. En quoi cela vous aide-t-il en tant que « chairman of the FIS Alpine World Cup commitee» ?
Mon profil me permet de mieux comprendre les possibilités ainsi que les défis que rencontrent toutes les parties prenantes. Il faut être à l’écoute de tous et trouver un équilibre pour établir la confiance. Cependant, je dois dire que l’attention portée aux athlètes demeure la priorité absolue.
Quel rôle jouera le comité de la Coupe du Monde dans l’avenir du sport ?
Historiquement, nous nous sommes concentrés sur des détails tels que le calendrier de la compétition et les règlements. Depuis le début de mon mandat, j’ai décidé de regarder vers l’avenir, de me demander comment relever les défis qui se posent et comment améliorer notre circuit. Les athlètes sont notre priorité absolue, mais les aspects commerciaux, comme les sociétés de diffusion et les sponsors tels que Longines, sont également importants.
Comment avez-vous abordé votre rôle pour accélérer les processus graduels de changement ?
Pour commencer, je devais créer un climat de confiance. Je pense que nous y sommes parvenus. Le plus grand atout que nous possédons au sein du comité est le fait que nous partageons tous une même passion. Tout le monde s’engage et, d’une façon ou d’une autre, a passé la majeure partie de sa vie à travailler pour la Coupe du Monde. C’est facile d’épouser le changement quand on est passionné. Mon objectif a été de simplifier les transitions.
Comment faites-vous la part des choses pour ce sport global disputé sur trois continents différents ?
Nous devons maximiser le potentiel de chaque épreuve de la Coupe du Monde, mais leur perception varie selon les pays. En Autriche, c’est le sport national, et nous pourrions organiser des compétitions tous les jours de la semaine. En Allemagne, dans les pays scandinaves et aux États-Unis, c’est un peu différent. Nous devons rester flexibles et nous adapter à chacun des marchés.
Pouvez-vous nous révéler quelques changements dont pourront profiter les fans au cours des prochaines saisons ?
Nos réflexions d’avenir se sont beaucoup concentrées sur le format des événements. Les compétitions par équipe en sont un exemple éloquent. La progression des événements urbains nocturnes dans les zones métropolitaines, avec le format du slalom parallèle, a rencontré un vif succès. Cette année, nous serons à Oslo et à Stockholm. L’arrivée de nouveaux événements se fait au profit d’autres, donc nous devrons en supprimer certains, dont le combiné alpin, au cours des prochaines années. De plus, certains organisateurs et diffuseurs souhaitent que nous réduisions le nombre de participants. C’est un sujet sensible et le fer de lance de nos équipes. Il faut procéder étape par étape.
C’est incroyable que les athlètes atteignent des vitesses de 130 km/h et que les gagnants ne l’emportent qu’à un centième de seconde près. Comment gérer une telle précision dans ce sport ?
Les athlètes actuels skient au plus haut niveau. Les écarts sont infimes. Longines a développé des technologies étonnantes pour le partage des vitesses des athlètes et d’autres données, ce qui aide les équipes et les fans à mieux comprendre ce qui se passe sur les pistes. Les écarts sont tellement minimes. La coopération avec Longines permet d’en savoir bien plus sur les performances des athlètes. Pour assurer notre avenir, il est capital de pouvoir mieux mettre en valeur nos athlètes auprès de nos fans à l’aide de tels outils.
Les épreuves de ski ont une place unique dans les sports de compétition, du fait du lien direct avec le ski en tant que loisir. En quoi cela aide-t-il le circuit ?
Nous pratiquons un sport d’extérieur. Nous voyageons vers des stations actives et élégantes disséminées sur toute la planète. La clé de notre succès est la fierté qu’éprouve chaque station de montagne et sa communauté de pouvoir accueill­ir une Coupe du Monde. Elles travaillent très dur pour que tout soit parfait. Et les athlètes doivent systématiquement concourir dans un environnement différent. Les liens entre le ski de compétition tel que nous le pratiquons et le sport pratiqué par les masses sur fond de tourisme constituent une opportunité exceptionnelle pour nous.
À quoi peut-on s’attendre au cours de la saison à venir ?
En mars, la Coupe du Monde s’achèvera sur une note extraordinaire dans les Pyrénées, sur le nouveau site de Soldeu, dans la principauté d’Andorre. C’est fantastique de voir un nouveau pays, si petit soit-il, organiser une Coupe du Monde. C’est incroyable de les entendre parler de l’impact que cet événement aura sur le tourisme local. Il est important à nos yeux de trouver de nouveaux organisateurs pour la Coupe du Monde.
Au final, le sport est une question de célébrités et de héros. Comment les étoiles brillent-elles dans le monde du ski alpin ?
Chacun veut assister aux performances incroyables de héros comme Mikaela, qui a remporté son troisième globe de cristal la saison dernière, ou Askel, qui s’est remis de ses blessures et a remonté au classement. Leurs prouesses sont remarquables. Nous pouvons rendre la Coupe du Monde encore plus intéressante avec des sites fabuleux et une météo non moins fabuleuse. Mais au final, ce sont les compétiteurs, ces héros en chair et en os, qui font le lien avec les jeunes. Ce sont nos plus grands atouts et des figures de référence extraordinaires pour notre discipline. Nous devons simplement leur proposer des stations attrayantes et des compétitions équitables. Ils s’occuperont du reste.
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