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Changements de règles

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Changements de règles
La saison 2017/2018 de ski alpin promet d’intenses moments d’action dans le cadre de la Coupe du Monde FIS, de la fin octobre 2017 à la mi-mars 2018. Parmi les constants remaniements dont le règlement fait l’objet, deux changements de règles majeurs entrant en vigueur cette saison sont à retenir.
Slalom géant : rayon réduit pour les hommes
Le principal changement concerne les skis de slalom géant masculin. Pour beaucoup, le slalom géant est la discipline reine du ski, où le traçage de courbes parfaites se fait à grande vitesse. Pour certains, cette modification aura un air de déjà-vu puisque la dernière altération du rayon des skis de slalom géant date d’avant la saison 2012/2013. Il y a cinq ans, cela avait donné lieu à de vives discussions et au mécontentement de certains des meilleurs athlètes. En résumé, les nouvelles règles pour la saison 2017/2018 s’appliquent aux caractéristiques des skis de slalom géant masculin dont le rayon minimum passe à 30 mètres et la longueur minimale à 193 centimètres. Cela signifie que les skis seront plus courts et auront plus de forme que les anciens modèles, qui devaient respecter un rayon minimum de 35 mètres et une longueur minimale de 195 centimètres. Ce changement s’appliquera à tous les skieurs masculins concourant aux niveaux FIS pour la saison en cours avec -5 cm de tolérance pour les compétitions de niveau FIS. La réglementation des parcours de slalom géant demeure inchangée, tout comme les caractéristiques propres aux skis de slalom géant féminin qui continueront d’exiger un rayon de 30 mètres.
Changement de situation
Markus Waldner, directeur des courses FIS pour la Coupe du Monde messieurs, s’est exprimé sur le changement annoncé à la suite du Congrès FIS de Cancún en juin 2016 : « Le fait est qu’il y a eu une évolution et que ça n’allait plus avec les skis de 35 mètres de rayon, non seulement pour les courses de Coupe du Monde, mais surtout de niveaux inférieurs… L’ensemble des acteurs principaux était en faveur d’un changement. Pour la première fois, les marques de skis sont sur la même longueur d’onde et une grande majorité d’athlètes a accepté la proposition de revenir à 30 mètres à compter de Sölden 2017. » Certains se sont d’abord opposés à ce changement avant une saison olympique, mais toutes les parties ont finalement convenu d’appliquer ces nouvelles règles dès la saison 2018. Les experts ont principalement souligné les problèmes rencontrés par les plus jeunes skieurs avec les skis de 35 mètres de rayon, en raison de la force physique requise pour les maîtriser correctement. Waldner indique également : « Nous avons de bons retours des tests effectués au printemps et en été. À première vue, les nouveaux modèles sont plus agréables et maniables. C’est une bonne nouvelle pour les jeunes coureurs ! Il reste évidemment du travail pour trouver l’accord parfait entre skis, chaussures et fixations. Les premières épreuves montreront la voie, y compris pour les paramètres de course. » Il poursuit : «Nous espérons que les coureurs de vitesse ayant fait l’impasse sur le slalom géant ces dernières saisons, en raison des skis à long rayon, réinscriront l’épreuve à leur agenda. Cela permettrait de réunir à nouveau les coureurs techniques et ceux de vitesse. »
Un retour positif des athlètes et entraîneurs
L’introduction de skis de 35 mètres de rayon en 2012 était basée sur des recherches et données qui indiquaient une recrudescence des blessures au genou. Les coureurs ont malheureusement développé différents problèmes avec les nouveaux modèles, notamment des douleurs dorsales pour un certain nombre d’entre eux. En pleine préparation de la saison, les athlètes et leurs entraîneurs voient d’un bon œil le retour des skis de 30 mètres de rayon. Martin Rufener, ancien entraîneur en chef de l’équipe masculine suisse, qui officie désormais comme directeur sportif d’Alpine Canada, a commenté : «On fait du neuf avec du vieux. Les athlètes les plus puissants et confiants feront une meilleure performance avec les skis de 30 mètres de rayon, puisqu’ils auront de la puissance dans les virages, même après le passage d’une porte, ce qui se concrétise par une trajectoire plus serrée et rapide. Nous nous réjouissons de cette modification, non seulement pour nos athlètes de Coupe du Monde et de l’équipe de développement, mais aussi pour les jeunes coureurs de province et de club. Les skis de 30 mètres de rayon sont plus adaptés aux virages, ce qui devrait réduire le nombre de blessures au dos et les problèmes vécus par les athlètes qui chaussaient des skis de 35 mètres de rayon. » Le Canadien Dustin Cook, vice-champion du monde 2015 de super-G, confirme : « Même s’ils sont plus faciles à diriger dans les virages, la tactique est entièrement différente tout comme la façon de skier… Maintenant qu’on les a en quelque sorte décryptés, c’est bien plus agréable. C’est moins d’effort et plus d’élégance. »
Dans un sport où quelques centièmes de seconde séparent parfois la victoire de la défaite, des petits changements sont susceptibles de faire une grande différence.
Un ajustement coûteux
Du point de vue des fabricants de skis, le changement mobilise d’importantes ressources. On estime le surcoût des nouveaux modèles à plus de 100 000 € par fabricant. Christian Höflehner, directeur de course de la marque autrichienne Atomic, relève dans un entretien avec Skionline.ski que les skis utilisés par l’élite de la discipline la saison dernière n’auront plus aucune utilité. « Il n’y a plus aucune raison d’utiliser des skis de 35 mètres de rayon, car les nouveaux modèles n’ont rien à voir et réagissent complètement différemment. Même un bon skieur amateur n’appréciera pas de skier avec les anciens modèles et aura du mal à les maîtriser. » Il poursuit : « En revanche, le rayon réduit des nouveaux skis de course conviendra aux amateurs les plus ambitieux, ce qui nous aidera à compenser les coûts de développement des nouveaux modèles et des outils de production. » Certains spécialistes estiment que le changement de rayon sans modification correspondante des réglementations de course pourrait mener à plus de créativité. Dans tous les cas, les nouveaux skis promettent de grands moments sportifs, puisque tous les coureurs devront s’habituer au nouveau matériel, ce qui présente certains risques, notamment pour ceux qui maîtrisaient les anciens modèles. L’approche plus directe et tactique des portes peut ne pas convenir à tous, sans compter que le temps d’ajustement dépend de chacun. Reste aussi à voir si le nombre de blessures diminue et si les athlètes continuent de souffrir du dos.
Légère retouche à l’ordre de départ des descentes d’entraînement
Après plusieurs modifications à l’ordre de départ des courses de vitesse ces dernières années, de légers changements seront encore apportés dès le début de la saison. Dans un sport où quelques centièmes de seconde séparent parfois la victoire de la défaite, ces petits changements sont susceptibles de faire une grande différence. Ajuster les règles peut également contribuer à améliorer l’expérience des spectateurs et le succès du sport à la télévision. En vertu des règles révisées applicables depuis la saison 2016/2017, les 30 meilleurs coureurs de vitesse étaient divisés en trois groupes selon la liste de départ de la Coupe du Monde (WCSL) : top 10, de 11 à 20 et de 21 à 30. Avant l’épreuve, les dix meilleurs skieurs pouvaient choisir leur position de départ parmi les dossards impairs de 1 à 19. Les dix athlètes suivants (du rang 11 à 20) étaient ensuite tirés au sort entre les dossards pairs, de 2 à 20. Ceux classés du rang 21 à 30 étaient tirés au sort entre les dossards 21 et 30. Cela s’appliquait à toutes les courses de vitesse, en descente et super-G, ainsi qu’en descente d’entraînement. La nouveauté de la saison 2017/2018 concerne les descentes d’entraînement, où tous les dossards du top 30 seront tirés au sort. Les skieurs du top 10 perdront ainsi le privilège de choisir leur nombre impair favori entre 1 et 19. Cette légère modification intervient par souci d’équité. La saison dernière, quelques skieurs du top dix se retrouvaient fréquemment avec les numéros de dossard 1, 3 ou 5. En compétition, on considère traditionnellement les dossards de départ autour du numéro 10 comme les meilleurs, bien que les conditions météo jouent un rôle important et qu’un numéro de départ précoce puisse aussi porter chance, selon les circonstances. Ce facteur chance continuera d’ailleurs de compter puisque l’ajustement s’applique uniquement aux descentes d’entraînement, sans impact sur la méthode en place la saison dernière pour toutes les courses de vitesse. Markus Waldner a réagi : « Il est trop tôt pour tirer des conclusions quant à l’ordre de départ sur la base d’une seule saison. Notre but était d’utiliser ces modifications pour accroître notre audience TV en rendant la course plus intéressante dès le début, au lieu de voir les meilleurs skieurs descendre après le dossard 15. » Il ajoute : « La saison dernière, nous avons vu que les résultats dépendaient largement du parcours, des conditions météorologiques et de la neige. Les meilleurs skieurs ont tendance à choisir les dossards 7 à 11, mais la prise de risque est parfois payante et la victoire est possible avec le dossard 1. Nous avons aussi vu le dossard 26 terminer en tête. Le changement de l’ordre de départ a donc contribué à rendre les courses plus intéressantes, avec davantage de tactique et un plus grand suspense. Mais dans l’ensemble, nous ne disposons pas encore de données suffisantes pour confirmer avoir atteint notre objectif de chiffre d’audience. »
L’Ambassadeur Longines de l’Elégance Aksel Lund Svindal durant le super-G de Val d’Isère en 2016.

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