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50 ans de
la coupe du monde fis

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50 ans de la coupe du monde fis
un hiver exceptionnel
Le ski alpin de compétition va au-devant d’un hiver exceptionnel, voire historique. En effet, le monde de la neige célèbre cette année les 50 ans de la Coupe du Monde de Ski Alpin, qui couronne depuis 1967 les meilleurs athlètes sur l’ensemble de la saison, avec l’aide d’un système de points récompensant les premiers classés de chaque épreuve officielle. La Coupe du Monde a été lancée lors des Mondiaux de Portillo en août 1966, par un groupe d’experts et de coureurs avec la bienveillance du Président de la FIS de l’époque, Me Marc Hodler. Elle est considérée comme le premier véritable circuit international en sport individuel – le PGA Tour débutant quant à lui en décembre 1968 et l’ATP Tour en 1972. Depuis le 5 janvier 1967 et le slalom masculin de Berchtesgaden en Bavière, des milliers de compétitions à points ont eu lieu aux quatre coins du monde, permettant à un nombre croissant de coureurs de vivre de leur activité sportive, tandis que les stations de ski rivalisaient d’ingéniosité pour avoir l’opportunité de les accueillir sur leurs pistes. Alors que 34 compétitions seulement furent organisées dans une poignée de pays pour les femmes et les hommes lors de cette première édition, il y en avait plus de 80 l’hiver dernier, réparties sur une quinzaine de contrées de l’hémisphère nord, y compris en Corée du Sud. La FIS (Fédération Internationale de Ski) s’est mobilisée pour fêter dignement ce 50e anniversaire dont la date précise coïncidait avec les courses de Zagreb en Croatie. C'est également le cas de nombreuses autres stations figurant déjà dans le tout premier calendrier de 1967, notamment Sestrières et Madonna di Campiglio en Italie, Adelboden et Wengen dans l’Oberland Bernois ainsi que Kitzbühel dans le Tyrol autrichien. « La FIS a de tout temps été une fédération dynamique qui a su évoluer avec son temps et adapter ses disciplines et ses règlements au monde moderne » estime son Président Gian-Franco Kasper. « La Coupe du Monde, initiée en 1966 par notre ami Serge Lang, a sans aucun doute révolutionné le ski alpin de compétition, puis les autres disciplines de neige. Par la suite, elle a également donné une forte impulsion à de très nombreux autres sports qui ont créé à leur tour un circuit Coupe du Monde – y compris les sports équestres me semble-t-il. Peu à peu, un système plus rationnel s’est mis en place dans nos disciplines avec la création de circuits continentaux ou régionaux qui ont attiré des milliers de jeunes athlètes, tandis que les fédérations nationales sont elles aussi devenues des organisations très professionnelles. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Il suffit de prendre le nombre de courses internationales organisées aujourd’hui à travers le monde, ou celui des coureurs inscrits sur les listes de points FIS, et de les comparer aux chiffres des années 60, pour se rendre compte de la formidable évolution des sports de neige après la création de la Coupe du Monde. « Notre organisation elle-même a acquis une réelle importance, notamment du fait que des dizaines de personnes soient responsables du bon fonctionnement des circuits Coupe du Monde dans les diverses disciplines contrôlées par la FIS. Le rayonnement des sports de neige a également permis aux Jeux Olympiques d’hiver de gagner notablement en importance. Preuve en est qu’ils furent organisés indépendamment des Jeux d’été à partir de 1994 ! La Coupe du Monde de Ski Alpin représente l’épine dorsale de cette discipline pour la FIS, qui est heureuse d’associer à cet important événement des milliers de personnes parmi les coureurs, les comités d’organisation, les officiels des fédérations nationales ou des membres de la presse internationale. »
Honoré Bonnet, directeur de l’équipe de France entre 1959 et 1968, faisait partie du groupe de réflexion à l’origine de la création de la Coupe du Monde.
un partenariat sous le signe de la précision
Dans un sport de pointe aussi sophistiqué que le ski alpin, dans lequel la victoire se joue fréquemment au centième de seconde, ­Longines tient un rôle de première importance en tant que Partenaire et Chronométreur Officiel de la FIS. Forte de sa longue expertise dans le chronométrage des compétitions de ski alpin qui remonte à 1933, la marque au sablier ailé est le Chronométreur Officiel de l’ensemble des épreuves de la Coupe du Monde depuis 2007. Aussi, dans le cadre de cette fructueuse collaboration, ­Longines tient à célébrer aux côtés de la FIS le 50e anniversaire de la Coupe du Monde de ski alpin, et proposera de ce fait un modèle exclusif commémorant cet important jubilé.
le monde en expansion constante
Le circuit de la Coupe du Monde de ski alpin FIS s’étend aujourd’hui sur cinq mois, de l’ouverture de la saison, en octobre, à Sölden en Autriche, à la finale qui a lieu en mars. Seules 34 compétitions avaient été retenues en 1967 pour la première édition encore « officieuse » de la Coupe du Monde, qui était organisée à l’époque sur moins de trois mois et dans une quinzaine de stations réparties dans six pays (Allemagne, Suisse, Autriche, France, Italie et USA). Cet hiver, 86 épreuves ont été mises sur pied dans 31 stations de 13 nations différentes (Autriche, Finlande, Canada, USA, France, Italie, Suisse, Slovénie, Allemagne, Croatie, Norvège, Corée du Sud, Suède). Cette expansion est par ailleurs comparable à celle des coureurs prenant part au classement général final. A titre d’exemple, ils étaient 45 à être classés en 1967 chez les hommes et 162 la saison dernière. La Coupe du Monde a par conséquent notablement élargi l’horizon du ski alpin de compétition, enthousiasmant un nombre de supporters toujours croissant à travers le monde. En effet, depuis les débuts de la Coupe du Monde, plus de deux mille courses ont eu lieu dans environ vingt-cinq pays actuels répartis sur quatre des cinq continents y compris l’Argentine (Las Leñas), la Nouvelle-Zélande (Mont Hutt) et l’Australie (Thredbo). Le Japon intégra le circuit en 1973, la Corée du Sud en 1998 et plus récemment la Croatie en 2005, la Bulgarie en 2009, la Russie et la Principauté d’Andorre en 2012.
les grands vainqueurs
28 femmes et 23 hommes au total ont un jour conquis le gros globe de cristal depuis les débuts de la Coupe du Monde, alors qu’ils sont des centaines d’athlètes, originaires d’une quinzaine de pays différents, à avoir eu la joie et la satisfaction de s’imposer au moins une fois dans une épreuve comptant pour ce challenge mondial aux points. Le record de victoires au classement général est détenu chez les dames par l’Autrichienne Annemarie Moser-Pröll avec six victoires, et chez les hommes par Marcel Hirscher et Marc Girardelli, qui se sont imposés de leur côté à cinq reprises. Le Suédois Ingemar Stenmark et l’Américaine Lindsey Vonn (avant la présente saison) sont les coureurs comptant le plus de victoires en Coupe du Monde, avec 86 et 76 succès respectivement. Autre prouesse, celle de la championne slovène Tina Maze qui a triomphé en 2013 avec le total incroyable de 2414 points, soit 1300 points de plus que sa plus proche rivale l’Allemande Maria Höfl-Riesch, après avoir signé onze victoires dans les cinq disciplines alpines lors d’une saison impressionnante. Le record chez les hommes a été établi en mars 2000 par Hermann Maier avec 2000 points. Avec 14 victoires obtenues pendant l’hiver 1988/1989, c’est la Suissesse Vreni Schneider qui a exercé la plus grande domination au cours d’une même saison, alors que Stenmark, en 1979, et Hermann Maier, en 2001, ont triomphé à 13 reprises chacun en l’espace de quelques mois.
La Coupe du Monde de ski alpin représente l’épine dorsale de cette discipline pour la FIS qui est heureuse d’associer à cet important événement des milliers de personnes parmi les coureurs, les comités d’organisation, les officiels des fédérations nationales ou des membres de la presse internationale.
Portillon de départ à Chamonix.
exploits et records
Créée à l’origine pour désigner les champions masculin et féminin de la saison, la Coupe du Monde a par la suite joué un rôle très actif contre la spécialisation à outrance qui a rapidement dominé le circuit international dans les années suivantes. Des spécialistes avérés dans leur domaine – comme les slalomeurs Ingemar ­Stenmark de 1978 à 1986 et Alberto Tomba en 1995, ou encore le descendeur français Luc Aphand en 1997 – sont ainsi parvenus à tenir des skieurs complets en échec, en accumulant les victoires et les exploits dans seulement deux spécialités. Cependant, le règlement leur était parfois par trop défavorable, comme en 1979 lorsque Stenmark ne termina que 5e du classement général malgré ses 13 victoires, car il refusait farouchement de participer aux descentes, et de ce fait aux combinés comptant pour le classement général. Mais nombreux furent les coureurs qui ont joué le jeu de la polyvalence pour remporter le gros globe de cristal, à commencer par l’Italien Gustavo Thoeni qui triompha de justesse en 1975 face à Stenmark, à l’issue du mémorable slalom parallèle de la Finale de Val Gardena. Fait mémorable, il avait terminé 2e de la descente de Kitzbühel en janvier, à seulement 1/100 du légendaire Franz Klammer ! La série de victoires de Marcel Hirscher, champion du monde de slalom en 2013 et en combiné en 2015 est tout aussi remarquable. Il a impressionné tout le monde, y compris lui-même, en devançant tous ses rivaux en super-G en décembre 2015 à Beaver Creek, avant de s’illustrer en slalom et en slalom géant.
retour sur les origines de la coupe du monde
Lors des Mondiaux FIS organisés en août 1966 à Portillo, au Chili, l’idée d’un championnat mondial aux points comparable à celui de la Formule 1, fit rapidement son chemin parmi les favoris comme Jean-Claude Killy, Guy Périllat, Karl Schranz ou Léo Lacroix qui soutenaient avec enthousiasme cette formule, discutée dès janvier 1966 par un groupe d’amis constitué de l’Américain Bob Beattie, du directeur de l’équipe de France, Honoré Bonnet, du directeur alpin autrichien, Sepp Sulzberger, ainsi que du journaliste français Serge Lang. Ce dernier mit au point un règlement et un calendrier pour la saison 1967 et les présenta à Me Marc Hodler, président de la FIS de 1951 à 1998. Celui-ci approuva tout de suite ce plan qu’il dévoila le 11 août 1966 à la presse internationale réunie dans le hall de l’unique hôtel de la station des Andes. La première édition de l’épreuve fut soutenue par le journal L’Equipe et la société Evian. Elle comptait 34 épreuves au total et commençait début janvier en Bavière pour se terminer fin mars à Jackson Hole, dans le Wyoming. La Canadienne Nancy Greene et le Français Jean-Claude Killy, grands vainqueurs au terme d’une saison passionnante, contribuèrent à faire de ce premier test un événement désormais incontournable du ski alpin de compétition. Grâce à Marc Hodler qui la présenta ensuite de manière convaincante à ses collègues réunis lors du Congrès de la FIS de Beyrouth en juin 1967, la Coupe du Monde devint un événement officiel de la FIS, ce qui bouleversa rapidement l’univers de la compétition alpine.
Aire d’arrivée dans la fameuse station de ski de Kitzbühel en 1977.
l’arbitrage du temps
Les épreuves de ski alpin sont des courses contre-la-montre individuelles et, de ce fait, il est évident que le chronométrage a de tout temps joué un rôle primordial dans l’établissement des classements. Le matériel de chronométrage de pointe actuellement utilisé permet l’enregistrement des temps au 10’000e de seconde, mais seuls les temps au 1/100e sont communiqués, à l’exception des courses en parallèle. Il y eut de ce fait de nombreux vainqueurs par ex-aequo dans toutes les disciplines. Dans un cas précis, il y eut même un triplé dans un super-G féminin couru en Norvège : l’Américaine Lindsey Vonn, l’Autrichienne Michaela Dorfmeister et la Suissesse Nadia Styger se partageant la victoire. Les responsables du chronométrage ont également tenu un rôle clé dans l’amélioration du spectacle sportif, en introduisant de grandes nouveautés pour l’époque. Pendant des décennies, chaque manche de slalom puis de slalom géant – quand cette spécialité fut, elle aussi, disputée en deux manches différentes à partir de 1966 – était chronométrée de manière indépendante. Le temps total était additionné par la suite, après l’arrivée du skieur à l’issue de sa seconde manche. Cela compliquait énormément la perception de la course pour les commentateurs, les téléspectateurs et les supporters massés le long de la piste, d’autant plus qu’à cette époque, les 30 premiers coureurs ne prenaient pas encore le départ de la seconde manche dans l’ordre inversé du classement. « Pourquoi ne pas faire tout simplement repartir le chronomètre dans la seconde manche avec le temps du premier tracé, afin de rendre la course plus spectaculaire et plus facile à suivre ? », proposa un jour le responsable du chronométrage international, Daniel Baumat, au président du Comité Coupe du Monde de l’époque, son grand ami Serge Lang. Ce dernier fut tout de suite conquis par cette proposition, qui fut ainsi introduite sur le circuit Coupe du Monde au début des années quatre-vingt, après un premier test probant lors des finales d’Arosa de mars 1978. D’autres sports se sont par la suite également inspirés de cette innovation.
la sécurité avant tout
L’évolution la plus spectaculaire quant aux compétitions alpines, concerne sans aucun doute la sécurité des coureurs qui figure au centre des préoccupations des organisateurs et des divers coordinateurs de la FIS supervisant les épreuves. Les pistes sont aujourd’hui préparées de manière totalement différente par rapport aux années soixante, quand l’utilisation systématique des canons à neige et des chenillettes pour damer les tracés étaient encore très rare. En même temps que les revêtements se durcissaient progressivement pour être totalement gelés dans certains passages, le matériel utilisé par les coureurs devenait de plus en plus agressif, provoquant des chutes impressionnantes et des accidents parfois très graves. Pendant de longues années, les organisateurs utilisaient des moyens modestes, voire rudimentaires, pour protéger les passages les plus dangereux, notamment des bottes de paille et des barrières en bois de noisetier qu’ils déroulaient le long des tracés. Dans un souci de sécurité toujours croissant, les responsables de la Coupe du Monde et les autorités de la FIS ont été amenés à réagir et à chercher de nouvelles solutions. Par la suite, des spécialistes mirent au point des filets de sécurité tendus sur des sortes de potences en métal, plantées en permanence dans le sol, et qui apportèrent une amélioration certaine. Cependant, l’augmentation de la vitesse moyenne des coureurs les obligea à continuer leurs recherches, et à mettre également au point des bâches plus lisses, n’accrochant plus les pointes des skis, et plus résistantes aux lames des carres très coupantes. Les organisateurs sont maintenant équipés de plusieurs catégories de filets de sécurité appelés « A-net » et « B-net », qui amortissent bien mieux les chocs des skieurs propulsés hors de la piste à grande vitesse. Les filets de la première catégorie sont très élevés et suspendus entre des poteaux placés en permanence le long des pistes, alors que ceux de la seconde sont plantés en rangées parallèles dans d’autres secteurs, et freinent progressivement l’élan des coureurs qui les percutent en s’inclinant l’un après l’autre. Les bottes de paille, qui avaient tendance à se durcir pendant les nuits froides pour finalement perdre leur capacité d’absorption des chocs, furent également remplacées par de gros matelas gonflables, hissés par les chenillettes le long de la piste, et placés dans l’aire d’arrivée. Une pompe électrique leur insuffle de l’air en permanence. Ces équipements modernes ont grandement contribué à renforcer la sécurité des coureurs sur les pistes. Ils permettent aujourd’hui d’apprécier d’autant plus le grand spectacle qu’offre le ski alpin
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