Chapitre 01

01

Historique

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Histoire
L’apogée du Grand Chelem
L'ESSOR DE LA MANIFESTATION
Avant de devenir l’événement mondial que l’on connaît, le tournoi a d’abord eu un caractère plus modeste. C’est la première finale de Coupe Davis des Mousquetaires organisée à Paris en 1928 qui va accélérer sa renommée. Retour sur l’histoire d’une épreuve dont l’une des originalités est de porter le nom d’un aviateur, Roland Garros.
Aux origines : le Championnat de France
Le Championnat de France de tennis voit le jour en 1891, à l’initiative de l’Union des sociétés françaises des sports athlétiques. Organisée à Paris sur les courts en terre battue du Racing Club de France, cette première édition s’ouvre d’abord aux hommes et ne compte que cinq inscrits. C’est le Britannique H. Briggs, licencié au Stade Français, qui s’impose dans le seul tournoi disputé, le simple messieurs. En 1897, trois participantes s’affrontent lors de la première édition féminine, qui sera remportée par Adine Masson. Le tournoi de double mixte est créé en 1902, et celui de double dames en 1907. Le championnat prend de l’ampleur en 1903 avec la première victoire de Max Decugis, un tennisman charismatique qui attire la foule et les journalistes. Dans le sillage de cet engouement, pas moins de 200 joueurs participeront à l’édition de 1908, faisant de l’événement le plus grand tournoi du pays. Cependant, sur ses installations de la Faisanderie dans le parc de Saint-Cloud, le Stade Français accueille dès 1912 les nouveaux Championnats du Monde sur terre battue. C’est une concurrence impitoyable et une perte de vitesse pour le « petit » tournoi, encore réservé aux joueurs locaux et aux étrangers des clubs français. Après la disparition des Championnats du Monde en 1923, le Championnat de France retrouve des couleurs. Mais il songe surtout à éviter les écueils d’une envergure trop modeste. Car il faut l’avouer, les demi-finales de 1924 ont de l’allure, avec Jean Borotra face à Jacques « Toto » Brugnon et René Lacoste contre Henri Cochet – quatre champions que l’on nommera les « Mousquetaires ». Pour leur offrir une épreuve à leur mesure, la Fédération décide qu’en 1925, les Championnats de France seront désormais ouverts aux meilleurs joueurs étrangers, devenant ainsi les Internationaux de France. Le Stade Français et le Racing Club de France accueilleront en alternance ce rendez-vous.



Suzanne Lenglen, vainqueur de la première édition des Internationaux de France de tennis en 1925.
Les Mousquetaires outre-Atlantique
En 1927, Brugnon, Borotra, Cochet et Lacoste réussissent l’exploit de conquérir la Coupe Davis sur le sol américain. Pour la revanche qui aura lieu en 1928 à Paris, l’événement réclame un cadre à la mesure de son retentissement. Le Stade Français cède alors un terrain de trois hectares situé près de la Porte d’Auteuil pour permettre la construction d’un stade de tennis. Le club ne pose qu’une seule condition : le stade doit porter le nom de l’un de ses membres, Roland Garros. Décédé dix ans auparavant – la veille de son trentième anniversaire – dans un combat aérien de la Première Guerre mondiale, il était également un pionnier de l’aviation, réussissant notamment la première traversée de la Méditerranée le 23 septembre 1913. Le stade est construit durant l’hiver 1927 – 1928 et peut alors accueillir 10'000 spectateurs. Ce sont deux jeunes joueuses, Madame Lafaurie et Miss Bennett, qui auront l’honneur de fouler en premier la terre battue du court central flambant neuf, dans le cadre d’une rencontre opposant la France à la Grande-Bretagne. Les épreuves de double des Internationaux de France débutent deux jours plus tard, vivant ainsi leur première édition à Roland-Garros. A la fin de l’été, les Mousquetaires font honneur au stade en conservant le Saladier d’Argent de la Coupe Davis, ce qu’ils feront jusqu’en 1933. En hommage à cette époque glorieuse du tennis français, le trophée des Internationaux de France porte le nom de « Coupe des Mousquetaires » depuis 1927.
Après-guerre : de l'essor à l'âge d'or
Le tournoi est annulé de 1940 à 1945 en raison de la guerre et reprendra en 1946. Si l’époque des Mousquetaires est révolue, c’est pourtant un Français, Marcel Bernard qui, contre toute attente, remporte la coupe en simple et en double. Une véritable surprise générale, car ce gaucher de 32 ans avait été dépêché à la dernière minute par le juge-arbitre qui peinait à compléter son tableau de 64 joueurs. Mais cette victoire française restera longtemps une exception. Durant les vingt années suivantes, la coupe reviendra à treize reprises à des joueurs australiens et américains, tels Frank Parker, Tony Trabert, Rod Laver ou Roy Emerson, pour n’en citer que quelques-uns … et il faudra attendre Yannick Noah en 1983 pour une nouvelle victoire tricolore. Ainsi, après la dernière guerre, le tournoi prend son essor. Dans le monde du tennis à majorité anglophone, il est également connu sous le nom de French Open. Depuis, Rafael Nadal (10 titres), ainsi que Stefanie Graf ou Björn Borg (6 titres chacun), Ivan Lendl, Mats Wilander ou encore Gustavo Kuerten (3 titres chacun), entre autres, ont écrit quelques grandes pages d’une épreuve dont la renommée n’a cessé de grandir.
Roland-Garros, 31 juillet 1933.
Le panama
Symbole de l’élégance de Roland-Garros
L’élégance toute en décontraction, c’est ce qui caractérise le panama, le célèbre chapeau de paille entouré d’une bande de tissu, devenu un incontournable de Roland-Garros. Une «success story » qui puise ses origines il y a plusieurs siècles… au Pérou.
C’est une photo du président américain Theodore Roosevelt, prise en novembre 1906 lors d’une visite sur les chantiers du canal de Panama, qui avait assis la notoriété du désormais célèbre couvre-chef.

Pourtant, c’est en Équateur, dans la ville de Montecristi, qu’est né il y a plus de trois siècles ce chapeau d'abord surnommé « toquilla » (petite toque). Dans la région pousse à foison la feuille de palme appelée carludovica palmata. Une fois séchée, elle devient la matière première idéale pour le minutieux tissage permettant d’obtenir cette coiffe.

Le panama tire justement sa spécificité, non de sa forme, mais de sa fabrication artisanale qui peut nécessiter jusqu’à dix mois de travail. S’il témoigne d’un raffinement certain, c’est pour son aspect pratique que les ouvriers s’attelant à la construction du canal de Panama l’adoptèrent, soucieux de se protéger des fortes chaleurs.

Un siècle plus tard, c’est toujours l’une des raisons qui explique son succès grandissant aux Internationaux de France, où il coiffe les spectateurs depuis 1928. Les rayons du soleil peuvent en effet s’avérer un bonheur pernicieux pour qui assisterait aux matchs sans protection. Le panama représente alors la solution idéale pour prévenir les coups de soleil tout en restant élégant.
Il s’en vend aujourd’hui 2000 exemplaires sur les deux semaines du tournoi. « Le panama est devenu un produit emblématique », explique Valérie Cattini, responsable de Collection à la Fédération Française de Tennis. « D’année en année, les ventes progressent, surtout lorsque nous connaissons une météo clémente comme l’an dernier. » Les chapeaux sont également désormais disponibles à la vente sur internet tout au long de l’année.

Pour satisfaire une demande croissante, l’offre de chapeaux s’est considérablement développée. Dans les boutiques du tournoi, on peut désormais trouver de nombreux modèles, des classiques aux coloris terre battue ou bleu marine, aux plus « fantaisie » , avec des bords coloriés ou une paille mouchetée qui permet de créer des motifs.

Les amateurs peuvent opter pour le panama réalisée à la main en Équateur à partir de fibres de paille ou choisir un autre modèle en fibre de cellulose, fabriqué en Italie. En résumé, un chapeau de qualité qui confère une élégance certaine, en plus d’avoir l’avantage d’aller avec tout, d’être léger et de se transporter facilement.

Désormais incontournable, des modèles spécifiques sont même développés pour des opérations événementielles. En 2017, des panamas brodés avec l’inscription « Rive droite » ou « Rive gauche » avaient été confectionnés pour la soirée des villageois, inaugurant le Village partenaires. En 2012, pour la journée de la femme, c’est un panama entouré d’un ruban de couleur terre battue rose qui avait été proposé pour l’occasion.
Partenaires, personnalités, public… tout le monde veut son panama
La popularité grandissante du panama s’explique également par un effet de mode indéniable; le chapeau étant revenu dans l’ère du temps.

Dans les allées de Roland-Garros, les médias « people », qui guettent avec intérêt les personnalités venues assister aux rencontres, capturent de plus en plus de stars avec leur panama. Récemment, ce sont Patrick Bruel, Salma Hayek, Ilie Nastase, Gaspard Ulliel, Mika ou encore Hugh Grant qui ont été photographiés, coiffés de leur chapeau de paille. Autant de clichés qui agissent comme des précurseurs de tendances.


Les partenaires ne s’y trompent pas et sont toujours plus nombreux à vouloir l’acquérir pour leurs invités. Les commandes auprès des organisateurs se multiplient pour obtenir des modèles personnalisés avec un bandeau aux couleurs de la marque ou encore un marquage à l’intérieur du chapeau. Soucieuse de choyer ses partenaires, la Fédération Française de Tennis leur propose des modèles uniques, qu’on ne trouve pas en boutique. En outre, chaque invité de l'organisation, assistant aux matchs depuis les loges, se voit offrir un de ces couvre-chefs. Évidemment, impossible d’oublier de le remettre, il serait réclamé à coup sûr ! Le panama se retrouve ainsi dans le champ des caméras des diffuseurs, couvrant bon nombre des invités assis au bord des courts.

À force de se retrouver sous le feu des projecteurs, le panama est devenu l’un des symboles de Roland-Garros et de l’élégance du tournoi. « Les gens ont l’habitude de le voir, et veulent le leur », soutient Valérie Cattini.

Cette année encore, si les meilleur(e)s joueuses et joueurs du monde fouleront la terre battue des Internationaux de France, en tribune, la star, ce sera lui !
Palmarès
Le tableau des vainqueurs
1999 a vu la double victoire des Ambassadeurs Longines de l’élégance Stefanie Graf (qui a gagné Roland-Garros à six reprises) et Andre Agassi en simple.
Simple messieurs
Année
Simple dames
Ken Rosewall (AUS)
1968
Nancy Richey (USA)
Rod Laver (AUS)
1969
Margaret Smith-Court (AUS)
Jan Kodes (CZE)
1970
Margaret Smith-Court (AUS)
Jan Kodes (CZE)
1971
Evonne Goolagong (AUS)
Andres Gimeno (ESP)
1972
Billie-Jean King (USA)
Ilie Nastase (ROM)
1973
Margaret Smith-Court (AUS)
Björn Borg (SWE)
1974
Chris Evert (USA)
Björn Borg (SWE)
1975
Chris Evert (USA)
Adriano Panatta (ITA)
1976
Sue Barker (GBR)
Guillermo Vilas (ARG)
1977
Mima Jausovec (YUG)
Björn Borg (SWE)
1978
Virginia Ruzici (ROM)
Björn Borg (SWE)
1979
Chris Evert-Lloyd (USA)
Björn Borg (SWE)
1980
Chris Evert-Lloyd (USA)
Björn Borg (SWE)
1981
Hana Mandlikova (CZE)
Mats Wilander (SWE)
1982
Martina Navratilova (USA)
Yannick Noah (FRA)
1983
Chris Evert-Lloyd (USA)
Ivan Lendl (CZE)
1984
Martina Navratilova (USA)
Mats Wilander (SWE)
1985
Chris Evert-Lloyd (USA)
Ivan Lendl (CZE)
1986
Chris Evert-Lloyd (USA)
Ivan Lendl (CZE)
1987
Stefanie Graf (GER)
Mats Wilander (SWE)
1988
Stefanie Graf (GER)
Michael Chang (USA)
1989
Arantxa Sanchez (ESP)
Andres Gomez (ECU)
1990
Monica Seles (YUG)
Jim Courier (USA)
1991
Monica Seles (YUG)
Jim Courier (USA)
1992
Monica Seles (YUG)
Sergi Bruguera (ESP)
1993
Stefanie Graf (GER)
Sergi Bruguera (ESP)
1994
Arantxa Sanchez (ESP)
Thomas Muster (AUT)
1995
Stefanie Graf (GER)
Yevgeny Kafelnikov (RUS)
1996
Stefanie Graf (GER)
Gustavo Kuerten (BRA)
1997
Iva Majoli (CRO)
Carlos Moya (ESP)
1998
Arantxa Sanchez (ESP)
Andre Agassi (USA)
1999
Stefanie Graf (GER)
Gustavo Kuerten (BRA)
2000
Mary Pierce (FRA)
Gustavo Kuerten (BRA)
2001
Jennifer Capriati (USA)
Albert Costa (ESP)
2002
Serena Williams (USA)
Juan Carlos Ferrero (ESP)
2003
Justine Henin (BEL)
Gaston Gaudio (ARG)
2004
Anastasia Myskina (RUS)
Rafael Nadal (ESP)
2005
Justine Henin (BEL)
Rafael Nadal (ESP)
2006
Justine Henin (BEL)
Rafael Nadal (ESP)
2007
Justine Henin (BEL)
Rafael Nadal (ESP)
2008
Ana Ivanovic (SER)
Roger Federer (SUI)
2009
Svetlana Kuznetsova (RUS)
Rafael Nadal (ESP)
2010
Francesca Schiavone (ITA)
Rafael Nadal (ESP)
2011
Na Li (CHN)
Rafael Nadal (ESP)
2012
Maria Sharapova (RUS)
Rafael Nadal (ESP)
2013
Serena Williams (USA)
Rafael Nadal (ESP)
2014
Maria Sharapova (RUS)
Stanislas Wawrinka (SUI)
2015
Serena Williams (USA)
Novak Djokovic (SRB)
2016
Garbiñe Muguruza (ESP)
Rafael Nadal (ESP)
2017
Jeļena Ostapenko (LAT)
La Coupe Suzanne-Lenglen est le trophée remis à la lauréate du simple dames du tournoi de Roland-Garros.
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